Présentation
Philosophie de la chatterie Le Balinais En savoir un peu plus sur moi Elevage, race et domestication5 heures du matin... Comme tous les matins, je sens un étrange coton duveteux me chatouiller les narines, une touffe de poil qui passe et repasse sur mon visage, me caresse le menton, cherche à se glisser dans ma bouche puis finit sa course dans mes oreilles, encore et encore, inlassablement jusqu'à ce qu'enfin j'ouvre un oeil mauvais. Le Chewb est sur moi, tout ronronnant de gaité. Ce chat est d'une bonne humeur tout simplement insupportable. 20 fois il va sauter sur moi avec la même fraîcheur ravie. J'ai l'impression de l'entendre penser : - allez, réveille toi, youpiiiiii ! bon ça marche pas... je recommence. - allez, maintenant réveille toi, youpiiii youpiiiii ! En maugréant je me lève, je manque de m'étaler de tout mon long sur l'un des 25 plumeaux qui traînent par terre et que China ramène consciencieusement toutes les nuit sur mon oreiller, parce qu'il n'y a pas d'heure pour jouer et que c'est rigolo de me voir sursauter, persuadée que j'ai un oiseau mort sur le visage chaque fois qu'une plume humide frôle ma peau. J'attrape mon peignoir, me baisse pour disposer mes chaussons, c'est à ce moment là que le Chewb choisit de me sauter sur le dos, sa position favorite, celle du perroquet. Il grimpe avec agilité jusque sur mes omoplates, me plante ses griffes des pattes arrières au niveau des lombaires et assure sa prise en posant ses deux pattes de devant bien à plat sur mon épaule, tout en frottant son museau et en ronronnant contre ma joue : ce petit salaud sait exactement comment faire pour que je lui passe tout sans jamais l'engueuler, un coup de ronron dans les oreilles à môman et c'est bon, elle peut rien dire ! Je me dirige tant bien que mal vers la cuisine, mon paquet sur le dos, China essayant subtilement de me faire tomber à force de se glisser entre mes jambes, et c'est sous bonne escorte que l'on m'encourage avec force de miaulements et de câlins à ouvrir une boîte d'Almo ou un sachet fraîcheur pour mes deux morfales affamés qui miaulent comme s'ils n'avaient pas mangé depuis 3 semaines, alors qu'il y a 5 types de croquettes disposés à volonté dans la cuisine et dans mon bureau, mais non, le repas, c'est à 5h du mat, et service de chambre siouplé ! Une fois débarrassée des deux goinfres, je peux aller tranquillement recharger les bols d'eau, faire le tour des litières, mettre mon thé à chauffer et aller enfin aux toilettes. Les monstres ont fini de manger la bouchée et demie de pâtée pour laquelle ils hurlaient à coeur fendre quelques minutes plus tôt, et c'est animé de cette même ardeur exubérante qu'ils viennent chanter la sérénade devant la porte des toilettes. Forcément, j'y suis... Il ne faut jamais me laisser seule 5 secondes, qui sait quel genre de complot terrible je pourrais ourdir en secret. Craignant que leur doux chant aussi mélodieux qu'une porte qui grince ne finisse par réveiller l'ours qui sommeille difficilement dans la chambre et que j'entends déjà soupirer, je finis par ouvrir la porte et les laisser entrer. China saute instantanément sur mes genoux (que j'ai appris à garder consciencieusement joints de peur d'un plouf inopportun) et Chewb grimpe une fois de plus sur mes épaules, et ainsi, nous restons de longues minutes à nous déclarer notre amour mutuel, avant que China ne s'en prenne au rouleau de papier toilette pour en faire des confettis et que Chewb n'essaie de grimper sur le minuscule rebord de fenêtre en me labourant le fond du crâne au passage. Voilà comment commencent toutes mes journées. Et vous savez le pire ? J'adore ça...