RetourElevage, race et domestication.
Pourquoi faire de l’élevage ? Pour préserver la race. Que celui ou celle qui n’a pas frémit en lisant cette phrase quitte immédiatement ce site. Forcément, ça rappelle des choses plutôt nauséabondes, du moins au néophyte traumatisé que nous sommes tous plus ou moins. C’est pourquoi il faudrait faire un petit rappel zoologique des choses. Les races ne concernent que les animaux domestiqués par l’homme, point final. Ce terme ne s’applique ni aux être humains ni aux espèces naturelles, mais uniquement à celles que l’homme a crées à partir d'individus sélectionnés en opérant une reproduction raisonnée. La souche de chat telle que nous la connaissons aujourd’hui n’a plus rien à voir avec son éloigné cousin chat sauvage, notre felis silvestris catus est issu d’une domestication entamée, d’après les estimations, à environ 10 000 ans qui avait pour but de produire de bons chasseurs de souris (et de rats) qui ne nous dévasteraient pas la face à la moindre tentative d’approche. L’homme fait naître les animaux dont il a besoin, que ça soit des chiens pour la chasse, le travail ou le gardienage de la maison, des chevaux de labour, des poules pour leurs oeufs, des vaches pour leur lait ou des porcs pour leur viande, tout animal domestiqué par l’homme a été soumis à cette sélection. Qui choisir parmi ses reproducteurs ? Comment les choisir ? Quels sont leurs ancètres pour éviter des croisements consanguins ? Autant de préoccupations qui sont apparues en même temps que la notion d’élevage. Bien avant l’existence de notre pedigree actuel, on se transmettait déjà ces informations essentielles de manières orale et rien n’était laissé au hasard. Si de nos jours les fermes agricoles poursuivent cette sélection rigoureuse dans un cadre sanitaire très strict, il n’en va pas de même pour les animaux que l’ère moderne a fait passer de compagnons utiles à objets de loisir, à savoir nos animaux de compagnie. Mis à part dans le cadre d’élevages qui travaillent véritablement la race (j’exclue donc volontairement les personnes qui font naîtres des animaux uniquement dans le but de les vendre) tous les attributs essentiels à la pérénité d’une lignée ont disparu : on fait faire une portée à sa chienne parce qu’on l’adore et que ça justifie d’avoir des chiots, ou une portée à sa chatte parce que «c’est la nature» ou «c’est trop mignon les chatons» ou tout autre argument totalement abbérrent quand l’on prend conscience d’avoir entre les mains le fruit de plusieurs milliers d’années de sélections et d’améliorations. L’élevage est nécessaire parce que sans lui il n'y a plus d'animaux domestiques. Un chat remis à la nature ne redeviendra pas un chat sauvage, cette souche là est maintenant trop lointaine, il deviendra un chat haret, c’est à dire un chat de souche domestique qui revient à l’état sauvage et partage uniquement les poubelles de l’homme en demeurant éventuellement apprivoisable mais au prix de beaucoup d’efforts. Tout animal domestique est sous la responsabilité de l’homme, à aucun moment on ne peut se permettre de le remettre à la nature en se disant «qu’il se débrouillera» alors qu’on l’a privé petit à petit de ses instincts naturels, qu’on a fragilisé son métabolisme, le rendant plus vulnérable aux maladies, et surtout que l’homme, en acceptant de le prendre sous son toit accepte aussi de gérer sa reproduction et sa descendance. L’élevage est l’une des prérogatives de l’être humain, et surtout c’est un devoir envers l’animal domestique, celui de réguler cette population afin d’éviter qu’elle ne grossisse à outrance et provoque des soucis sanitaires comme on peut en observer dans certains pays de l’Est où le nombre de chats et de chiens errants devient un véritable problème de santé, celui de contrôler les portées, les mises bas, d’assurer un suivi vétérinaire, de veiller au bien être de ses reproducteurs et de leurs progénitures afin de respecter, au moins dans les grandes lignes, un plan global d’élevage. Cette absence de régulation et de responsabilité envers les animaux de compagnie nous amène aujourd’hui à 8000 chatons qui naissent en France par jour, ce qui veut dire surpopulation dans les refuges, euthanasies à tour de bras, animaux errants malades se reproduisant à une vitesse effarante, qu’il faut trapper, soigner, vacciner, socialiser et replacer. C’est un travail de longue haleine accompli la plupart du temps par des bénévoles qui s’arrachent les cheveux en voyant des annonces de particuliers ayant laissé porter leur femelle parce que «c’est si beau le miracle de la vie» et balancent leurs chatons sur les petites annonces du net, à peine sevrés, sans vaccins ni identification, parfois à des prix exorbitants sous prétexte que le chat est couleurpoint et fait penser à un siamois ou un persan, et refusent de faire stériliser leur chatte parce que «c’est la nature» Ca n’est pas la nature ! Et devoir euthanasier des chatons errant l’est encore moins... Quand j’ai cherché mon premier chat de race, il était clair que je voulais un chaton d’élevage et pas un chat type sur internet, issu d’un mélange hasardeux, juste histoire de faire du chaton pour gagner de l’argent en exploitant sa femelle... Ce qui m’intéressait ça n’était pas le chaton, mais le chat adulte. C’est ce que j’ai dit à Emmanuelle en allait chercher Chewb, qu’il était très mignon, mais que j’avais vraiment hâte qu’il soit grand, pour déployer tout son potentiel, son poil magnifique et son merveilleux caractère, j’étais impatiente d’en finir avec la période chaton, je voulais un chat, un mâle, un vrai quoi, un grand costaud, avec un caractère affirmé. Ce que je cherchais en m’adressant à mon éleveuse, c’était quelqu’un qui ait un programme d’élevage, une vue à long terme, qui travaille une lignée, reprend le flambeau des mains d’une autre éleveuse qui a elle aussi contribué à l’amélioration de cette lignée, au prix de choix souvent difficiles et de nuits d’insomnies. J’ai acheté China en ayant vu une seule photo d’elle, j’ai acheté Sulie avant même qu’elle ne soit née. Aujourd’hui encore, le chaton ne me passionne pas, ce qui m’intéresse c’est ce qu’il va devenir, avec mon aide, mon influence, mon contact, mon investissement personnel pour l’accompagner afin qu’il soit votre meilleur compagnon. Quand vous achetez un chat d’élevage, vous achetez le chat de vos rêves. Ne bradez pas votre rêve, soyez exigeant, veillez à ce qu’il ait tout, l’apparence, le caractère, la santé, l’attachement, l’adaptabilité et tout ce que vous êtes en droit de réclamer à l’éleveur dont vous rétribuez le travail. L’éleveur sélectionne ses reproducteurs qu’il paie au prix fort, les élève dans les meilleures conditions possibles, tant sur le plan sanitaire que psychologique ou nutritif. Son but est de vous confier un chaton qui réponds à toutes vos attentes. En achetant un chat de race, vous achetez un savoir faire, une qualité, une histoire... L’élevage est et doit demeurer un travail collectif visant à réguler et améliorer la population domestique, il est aussi essentiel au bien être de nos compagnons que la stérilisation l’est pour tous les chats de gouttière, ça n’est pas tenter de prendre un contrôle sur la nature c’est assumer la responsabilité qui nous incombe.