Après quelques années sur la Côte, nous sommes revenus à Paris, toujours accompagnés de divers chiens et chats, c'est donc tout naturellement qu'une fois adulte, j'ai continué à récupérer les chats errants du quartier, les chatons abandonnés dans des boîtes à chaussures, les chiens abandonnés dans les cabines téléphoniques (sisisisi, un bébé boxer, dans une cabine téléphonique...) et tout ce qui avait des poils, des plumes, ou même récemment des écailles...
Puis je suis partie m'installer en banlieue, vers le milieu des années 90, emmenant avec moi deux chattes non stérilisées... J'ai ainsi découvert les joies des portées non prévues, les joies de la stérilisation à l'âge de 6 mois, les joies des chatonnes de 6 mois qui se sauvent de la maison puis ne reviennent qu'avec leur progéniture, et les joies du joyeux bordel avec 12 chats à la maison ! Je socialisais très instinctivement les chatons et les plaçais la plupart du temps deux par deux, histoire qu'ils aient un compagnon de jeu, je stérilisais les femelles à tour de bras, et enfin, le calme est revenu avec le départ de tous les chatons, le placement d'un ou deux adultes devenus trop sauvages pour nous suivre dans l'appartement parisien que j'allais réintégrer fin des années 90, et je me suis retrouvée avec seulement deux de mes chattes de goutières nées maison, Chouchou, petite panthère noire, et sa soeur, la Tigrette... En 2007, j'emmenais une dernière fois Chouchou chez le véto pour la faire endormir, après des séries d'analyses n'ayant pu déterminer le mal dont elle souffrait et qui lui paralysait l'arrière train. La Tigrette qui avait toujours vécu en clan, avait connu la liberté d'une maison de banlieue, puis la liberté d'un loft parisien où elle pouvait sortir dans la cour, se trouvait privée de sa soeur et de sa liberté, dans ce nouvel appart près de la gare du Nord où nous venions d'emménager, elle hurlait toutes les nuits. Je me trouvais donc pour la première fois de ma vie dans la situation de devoir acquérir un chat. Après avoir vu des annonces sur le net que je jugeais scandaleuses, où l'on vendait des chats de goutière à des prix exorbitants alors qu'il n'avaient jamais vu un véto, ni un vaccin de leur vie, je me suis tournée vers les deux seuls circuits qui me paraissent fiables et éthiquement honorables : les refuges et les éleveurs. Les refuges n'avaient pas de chatons et je voulais un chaton parce que je savais que la Tigrette l'accepterait plus facilement, et pour l'élevage, je suis tombée sous le charme d'Amon, le balinais d'Emmanuelle, en voyant sa photos sur l'Afas. J'ai contacté Emmanuelle, elle venait d'avoir une portée, Chewb ressemblait à son tonton et il était encore disponible, j'en suis tombée follement amoureuse, à compter les jours avant de l'avoir, à mettre ses photos partout sur mon ordi, à trembler de peur chaque jour où je n'avais pas de ses nouvelles, bref je suis devenue l'adoptante que j'espère ne jamais avoir (la folle frappadingue qui vous harcèle de mails pour savoir comment va son fiiiiiiiiiiiiils) et enfin, je suis devenue l'esclave attitrée de mon Babouche par un beau jour de juin... Puis, béate devant tant de beauté, de grâce, de gentillesse, je me suis laissée gagner par le virus de l'élevage, il fallait que le monde entier puisse avoir la joie d'idôlatrer un jour ses descendants. Voilà comment je me suis retrouvée à écrire ces pages, montrer ces photos, vous parler de mes joies et de mes déboires, vous rencontrer, vous qui vivez la même chose avec vos amours poilus... Je ne sais pas combien de temps je continuerai l'élevage, mais une chose est sûre, je ne vivrai jamais sans chats (ce qui n'a pas fini de faire hurler mon allergologue !)
Oui, c'était dans les années 70, je pense que ça se voit... J'ai une autre photo où je le tiens par l'encolure, mais elle est perdue dans un fatras d'albums poussiéreux, dès que j'ai remis la main dessus, je la mettrai.
Malheureusement, Daisy avait ses têtes, et ma grand mère maternelle n'en faisait pas partie. Devant les plaintes répétées de celle-ci qui accusait ma nounou de se transformer en furie et de l'attaquer au visage chaque fois qu'elle passait à sa portée (et c'était vrai !) il fût décidé que Daisy irait couler des jours plus paisibles chez l'un de nos voisins.
Je m'appelle Ghislaine Gozès, je suis née en 1965 (oui, autant dire directement l'année de naissance, vu que l'âge change tous les ans !) à Paris, dans le 12ème arrondissement, issue du croisement de deux joyeux saltimbanques qui avaient deux grandes passions dans la vie, les voyages et les animaux. Ainsi, ma première nounou s'appelait Daisy, c'était une magnifique siamoise seal point qui avait adopté mon père en lui grimpant sur le pantalon, au détour d'une rue. Depuis ils ne se sont plus quittés et elle fût la première couverture poilue et bavarde que j'ai connue.
Ma mère me tenant dans les bras, mon frère avec Lucky et Daisy dans les siens.
Qui suis-je ?
Puis, les amis à quatre pattes (et parfois plus, ou parfois moins) se sont succédés à la maison. Ainsi, la ménagerie accueillit un coq (qui chantait toutes les dix minutes, et je rappelle que nous étions en appartement) plusieurs chiens et chats, plusieurs volatiles de toute sorte aussi, dont une pie qui juchait sur l'épaule de mon frère, et même un canard qui se b aignait dans la mare que formait l'eau de pluie gouttant sur le parquet défoncé de la chambre de mes parents, ainsi qu'un hérisson ramassé sur le bord d'une route, et à peu près tout ce qui pouvait être nourri de la main de l'homme et semblait avoir besoin d'assistance. Mes bohémiens de parents avaient ainsi transformé un coquet rez de chaussée parisien en zoo et clinique de fortune, ce qui n'était pas toujours du goût de nos voisins... Puis ma mère eut envie de soleil. Inutile de dire que nos vacances étaient du même cru que notre vie : totalement improvisées. Ainsi, la voiture nous guida jusqu'aux doux rivages tempérés du Sud de la France. Véritable coup de coeur pour ma mère qui émit l'idée de s'y installer. Aussitôt dit, aussitôt fait, quelques mois plus tard, nous partions emménager là bas. Sur les hauteurs de la côte, dans une impressionnante villa appartenant à l'associé de mon père (qui avait racheté une société de souvenirs estivaux, qu'il a consciencieusement coulée en l'espace de quelques années) une dame avait élu domicile avec sa troupe d'animaux récupéré chez des particuliers inconscients qui achetaient des animaux sauvages bébés et les trouvaient bien encombrants une fois devenus grands. Ainsi, elle avait plusieurs singes, un ourson (en partir pour un zoo) et surtout, un magnifique guépard, ce qui signa définitivement mon amour pour les félins...
Son départ fût un drame pour Lucky, petit chien récupéré je ne sais plus où et que Daisy prenait pour son fils, lui faisant consciencieusement sa toilette quotidienne, qui se laissa dépérir rapidement. Après Lucky, ce fût Rita qui élu domicile à la maison. Superbe femelle boxer immense et adorable, elle faisait 10 fois ma taille et avait la patience de supporter les coups et les cris de mes trois ans. Super nounou numéro deux m'a offert une confiance indestructible pour ces grands chiens, quels qu'ils soient, aussi effrayant qu'ils soient et au cou desquels je me jetais sans la moindre retenue.
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